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IA ·5 min de lecture

Comment l'IA transforme les entreprises et le monde du travail selon Jad Shimaly d'EY

Lors de VivaTech à Paris, Jad Shimaly, dirigeant chez EY, a partagé sa vision sur la manière dont l'intelligence artificielle redéfinit la productivité, le recrutement et le conseil. Décryptage des grandes mutations en cours.

L’IA au cœur de la transformation des entreprises : le regard d’un expert d’EY

À l’occasion de VivaTech 2026, l’un des plus grands rendez-vous mondiaux de l’innovation et de la technologie qui se tient chaque année à Paris, Jad Shimaly, haut dirigeant chez Ernst & Young (EY), a accordé une interview exclusive à FRANCE 24. Au programme : un état des lieux lucide et prospectif sur la place croissante de l’intelligence artificielle dans le monde des affaires et du travail.


Une productivité décuplée grâce à l’IA

L’un des premiers enseignements que tire Jad Shimaly de l’adoption de l’IA en entreprise concerne les gains de productivité. Selon lui, les organisations qui ont su intégrer des outils d’IA dans leurs processus quotidiens observent des résultats concrets et mesurables :

  • Automatisation des tâches répétitives : la saisie de données, la génération de rapports ou encore la gestion documentaire sont désormais largement prises en charge par des algorithmes, libérant ainsi du temps pour des missions à plus forte valeur ajoutée.
  • Aide à la décision en temps réel : grâce à l’analyse de vastes volumes de données, les dirigeants disposent d’informations pertinentes et actualisées pour prendre des décisions plus éclairées et plus rapides.
  • Optimisation des flux de travail : les outils d’IA permettent d’identifier les goulots d’étranglement dans les processus internes et de proposer des ajustements automatiques.

Pour EY, cabinet de conseil et d’audit de renommée mondiale, l’IA n’est plus un sujet prospectif : c’est une réalité opérationnelle déjà déployée à grande échelle.


Le recrutement réinventé par l’intelligence artificielle

Parmi les domaines les plus profondément bouleversés par l’IA, le recrutement occupe une place de choix. Jad Shimaly souligne que les directions des ressources humaines font face à une véritable révolution dans la manière de détecter, d’attirer et de sélectionner les talents.

Concrètement, l’IA intervient à plusieurs niveaux du processus de recrutement :

  1. L’analyse des CV à grande échelle : des algorithmes sont capables de trier et de classer des milliers de candidatures en quelques secondes, en identifiant les profils les plus pertinents selon des critères prédéfinis.
  2. L’évaluation des compétences comportementales : certains outils analysent les entretiens vidéo pour détecter des signaux liés aux soft skills des candidats.
  3. La réduction des biais inconscients : bien qu’imparfaite, l’IA offre la possibilité de standardiser certaines étapes du recrutement afin de limiter les discriminations liées au genre, à l’origine ou à l’âge.
  4. L’amélioration de l’expérience candidat : les chatbots RH permettent de répondre aux questions des postulants 24h/24 et de fluidifier le parcours de candidature.

Cependant, Shimaly insiste sur un point crucial : l’humain doit rester au centre du processus. L’IA est un outil d’aide, non un substitut au jugement humain, surtout pour des décisions aussi engageantes que le recrutement.


Le conseil en mutation : quand l’IA devient partenaire des consultants

EY, comme l’ensemble des grands cabinets de conseil, vit une transformation interne profonde. L’IA redéfinit le métier de consultant sur plusieurs axes :

  • L’analyse de données complexes : là où un consultant passait des jours à analyser des données financières ou opérationnelles, des outils d’IA générative permettent aujourd’hui d’obtenir des synthèses structurées en quelques heures.
  • La personnalisation des recommandations : les modèles d’IA peuvent croiser les données sectorielles, réglementaires et financières d’un client pour formuler des conseils hyper-personnalisés.
  • La veille stratégique automatisée : les consultants bénéficient de tableaux de bord intelligents qui agrègent en temps réel les informations de marché, les mouvements concurrentiels et les évolutions réglementaires.

Pour Jad Shimaly, cette évolution ne signe pas la fin du consultant humain — bien au contraire. Elle élève le niveau d’exigence : les consultants doivent désormais maîtriser les enjeux liés à l’IA tout en conservant leur capacité d’analyse critique, de créativité et de relation client.


Quel avenir pour le travail à l’ère de l’IA ?

La question qui cristallise le plus d’inquiétudes est sans doute celle de l’impact de l’IA sur l’emploi. Jad Shimaly adopte une position nuancée, loin des discours catastrophistes comme des optimismes naïfs.

« L’IA ne va pas supprimer les emplois en masse du jour au lendemain, mais elle va profondément modifier la nature des compétences requises. »

Selon lui, les entreprises doivent impérativement investir dans la formation et la montée en compétences de leurs collaborateurs. Les métiers de demain seront ceux qui sauront tirer parti de l’IA plutôt que de la subir. Il identifie plusieurs priorités :

  • Développer la culture data au sein de toutes les équipes, pas seulement chez les informaticiens.
  • Former à l’éthique de l’IA pour que les collaborateurs puissent exercer un regard critique sur les outputs générés.
  • Encourager la créativité et l’intelligence émotionnelle, deux domaines où l’humain conserve un avantage décisif face aux machines.

VivaTech, vitrine de l’innovation mondiale

Ce témoignage de Jad Shimaly s’inscrit dans le cadre de VivaTech, le salon européen de référence pour la technologie et l’innovation, qui accueille chaque année à Paris des dizaines de milliers de visiteurs, des centaines de startups et des dirigeants du monde entier. L’édition 2026 a confirmé que l’intelligence artificielle est désormais le fil rouge de toutes les conversations stratégiques, des startups aux multinationales.

L’intervention d’EY à VivaTech illustre à quel point les grands cabinets internationaux se positionnent comme des acteurs incontournables de cette transition numérique, accompagnant leurs clients dans l’adoption responsable et performante de l’IA.


Conclusion : une transformation à piloter avec intelligence

L’intelligence artificielle n’est pas une mode passagère : c’est une révolution structurelle qui touche tous les secteurs, tous les métiers, toutes les tailles d’entreprise. Le message de Jad Shimaly est clair : les organisations qui réussiront leur transition sont celles qui aborderont l’IA non pas comme une menace, mais comme un levier de croissance et d’innovation, à condition de ne jamais perdre de vue la dimension humaine au cœur de chaque transformation.

Dans ce contexte, le rôle des leaders — qu’ils soient dirigeants, DRH ou consultants — sera déterminant pour créer les conditions d’une adoption de l’IA à la fois efficace, éthique et inclusive.

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